Introduction
Un homme de 64 ans traité pour un mélanome multi-métastatique avec notamment plusieurs métastases sous-cutanées a été adressé dans notre service devant la découverte d'un syndrome néphrotique.
Patients et MéthodesIl bénéficiait dans le cadre d'un essai thérapeutique d'une immunothérapie par ipilimumab, un anticorps monoclonal humanisé anti-CTLA-4 (3  ; mg/kg toutes les 3 semaines par voie intraveineuse). Le syndrome néphrotique a été diagnostiqué le jour de la 3eme injection. L'examen clinique du patient à l'admission était normal en dehors d'un syndrome oedémateux des membres inférieurs et d'une adénopathie inguinale. Les examens biologiques retrouvaient une albuminémie à 24,5 g/l, une protéinurie à 7,5 g/24h, une hématurie microscopique (25 GR/µl), une créatininémie à 89 µmol/l. La biopsie rénale a montré l'absence de prolifération cellulaire en dehors d'un infiltrat interstitiel modéré, des dépôts mésangiaux et extra-membraneux constitués d'IgG, IgM, de C3 et C1q évocateurs de glomérulonéphrite lupique. La ME montre des dépots denses extramembraneux. Les anticorps anti-DNA natif étaient faiblement positifs (Farr 24%, N< ; 20%). Après arrêt du traitement par ipilimumab et introduction d'un traitement anti-protéinurique puis d'une corticothérapie, on assiste à la disparition des anticorps anti-DNA et une rémission partielle du syndrome néphrotique.
Discussion
Il s'agit du premier cas rapporté de glomérulonéphrite de type lupique survenant sous traitement par anticorps anti-CTLA-4, pour lequel des effets indésirables auto-immuns ont été rapportés (1) et consistent principalement en des thyroïdites et colites, caractérisées histologiquement par la présence d'un important infiltrat cellulaire interstitiel.
Conclusion A l'inverse, le cas que nous rapportons se caractérise par la quasi-absence d'infiltrat inflammatoire, et la présence de dépôts de complexes immuns, ajoutant cette famille de pathologies au spectre de l'auto-immunité induite par l'ipilimumab, et rappelant un modèle expérimental de souris knock-in pour le gène de CTLA-4 et traitées par anticorps anti-CTLA-4, présentant des manifestations apparition d'anticorps anti-DNA et dépôts rénaux de complexes immuns (2).