Société de Néphrologie - Société Francophone de Dialyse
2009
Glomérulonéphrite de type lupique induite par un traitement par anticorps anti-CTLA4
F Fadel (1), K El Karoui (1), L Noel (1), C Robert (2), B Knebelmann (1)
(1) Paris, (2) Villejuif
Résumé
Introduction


Un homme de 64 ans traité pour un mélanome multi-métastatique avec notamment plusieurs métastases sous-cutanées a été adressé dans notre service devant la découverte d'un syndrome néphrotique.

Patients et Méthodes

Il bénéficiait dans le cadre d'un essai thérapeutique d'une immunothérapie par ipilimumab, un anticorps monoclonal humanisé anti-CTLA-4 (3&nbsp ; mg/kg toutes les 3 semaines par voie intraveineuse). Le syndrome néphrotique a été diagnostiqué le jour de la 3eme injection. L'examen clinique du patient à l'admission était normal en dehors d'un syndrome oedémateux des membres inférieurs et d'une adénopathie inguinale. Les examens biologiques retrouvaient une albuminémie à 24,5 g/l, une protéinurie à 7,5 g/24h, une hématurie microscopique (25 GR/µl), une créatininémie à 89 µmol/l. La biopsie rénale a montré l'absence de prolifération cellulaire en dehors d'un infiltrat interstitiel modéré, des dépôts mésangiaux et extra-membraneux constitués d'IgG, IgM, de C3 et C1q évocateurs de glomérulonéphrite lupique. La ME montre des dépots denses extramembraneux. Les anticorps anti-DNA natif étaient faiblement positifs (Farr 24%, N&lt ; 20%). Après arrêt du traitement par ipilimumab et introduction d'un traitement anti-protéinurique puis d'une corticothérapie, on assiste à la disparition des anticorps anti-DNA et une rémission partielle du syndrome néphrotique.

Discussion


Il s'agit du premier cas rapporté de glomérulonéphrite de type lupique survenant sous traitement par anticorps anti-CTLA-4, pour lequel des effets indésirables auto-immuns ont été rapportés (1) et consistent principalement en des thyroïdites et colites, caractérisées histologiquement par la présence d'un important infiltrat cellulaire interstitiel.

Conclusion

A l'inverse, le cas que nous rapportons se caractérise par la quasi-absence d'infiltrat inflammatoire, et la présence de dépôts de complexes immuns, ajoutant cette famille de pathologies au spectre de l'auto-immunité induite par l'ipilimumab, et rappelant un modèle expérimental de souris knock-in pour le gène de CTLA-4 et traitées par anticorps anti-CTLA-4, présentant des manifestations apparition d'anticorps anti-DNA et dépôts rénaux de complexes immuns (2).

Mots Clés

Glomérulonéphrite
Toxique ou médicament

Références bibliographiques

Beck et al. J Clin Oncol 2006
Lute et al. Blood 2005

Société de Néphrologie - Centre Hospitalier Henri Duffaut
Service de Néphrologie
305 Rue Raoul Follereau
84000 AVIGNON, FRANCE
tel : 33 4 32 75 30 42

Société de Néphrologie - Centre Hospitalier Henri Duffaut
Service de Néphrologie
305 Rue Raoul Follereau
84000 AVIGNON, FRANCE
tel : 33 4 32 75 30 42