IntroductionDes études rétrospectives ont démontré que les polymorphismes génétiques du cytochrome P450 3A5 (CYP3A5) sont associées aux doses de tacrolimus (TAC) nécessaires pour atteindre les concentrations (C0) cibles après transplantation rénale (TR). Les porteurs de l'allèle CYP3A5*1 qui expriment le CYP3A5 (groupe expresseur ou E), métabolisent le TAC et ont besoin de plus fortes doses quotidiennes que les patients CYP3A5*3*3 qui ne l'expriment pas (non expresseurs ou NE). Le but de cette étude est de démontrer que l'adaptation initiale de la posologie du TAC selon le polymorphisme du CYP3A5 permet une meilleure utilisation du TAC à la période initiale après TR.
Patients et MéthodesCette étude ouverte prospective multicentrique a inclus 280 TR randomisés à J0 pour recevoir du TAC à partir de J7 à la dose habituelle (0.2 mg/kg, groupe contrôle), ou selon le polymorphisme du CYP3A5 : une dose de 0.3 mg/kg pour les E et de 0.15 mg/kg pour les NE. Tous les patients ont reçu également une induction biologique, du mycophénolate mofétil, et des stéroïdes. Le critère d'efficacité principal était la proportion de patients dont le C0 était dans la cible (10 to 15 ng/ml) à J10.
RésultatsLes caractéristiques initiales des patients étaient comparables entre les 2 groupes. Les fréquences génotypiques pour le CYP3A5*3/*3, CYP3A5*1/*3 et CYP3A5*1/*1 étaient égales à 79.8 %, 15.8% et 4.4% respectivement. Une proportion significativement plus importante de patients du groupe adapté par rapport au groupe contrôle ont eu une C0 dans la cible à J10 (43 % vs. 29 %, p = 0.03). Pour les patients non adaptés, le C0 moyen était de 7,23 ng/ml pour les E et 18.2 ng/ml pour les NE alors que les patients du groupe adapté était dans les cibles. La C0 cible a été obtenu chez 75 % des patients après un délai de 8 jours dans le groupe adapté et 25 jours dans le groupe contrôle. Le nombre d'adaptations posologique nécessaire a été significativement inférieur dans le groupe adapté (respectivement 420 vs. 280). La survie des patients et des greffons ainsi que l'incidence de rejet aigu ont été excellentes dans les 2 groupes (respectivement 100 vs. 97 %, 94 vs 92 %, 7.1% vs 8.9 %).
DiscussionL'adaptation prospective de la dose initiale de TAC selon le polymorphisme génétique du CYP3A5 permet d'atteindre les C0 cibles chez plus de patients, plus rapidement et avec moins la nécessité de moins d'adaptation posologique.
ConclusionL'utilisation de la pharmacogénétique améliore la prise en charge initiale des patients TR traités par TAC.