Société de Néphrologie - Société Francophone de Dialyse
2009
La protéine apparentée à l'hormone parathyroïdienne (PTHrP), une nouvelle cytokine proinflammatoire et/ou profibrotique rénale
D Raison (1), M Hochane (1), C Coquard (1), B Moulin (1), L Marcellin (1), J Steger (1), J Helwig (1), M Barthelmebs (1)
(1) Strasbourg
Résumé
Introduction

L'activation des cellules mésangiales (CMs) et la transdifférenciation des cellules épithéliales tubulaires en myofibroblastes sont au coeur des processus inflammatoires et fibrotiques conduisant à l'insuffisance rénale chronique. Ces cellules sécrètent alors des facteurs de croissance perturbant la balance prolifération/apoptose, et des cytokines/chemokines conduisant à l'infiltration de leucocytes et au dépôt de matrice extracellulaire (MEC). L'objectif de notre travail est d'étudier la part de la PTHrP dans ces processus de remodelage délétère rénal.

Matériels et Méthodes

Une double approche a été utilisée, in vitro sur des cultures primaires de CMs murines, et in vivo dans un modèle de ligature unilatérale de l'uretère (UUO) chez la souris.

Résultats

Sur les CMs, l'expression de la PTHrP est majorée précocement en réponse à IL-1β (10 ng/ml), tant en terme d'ARNm (x10 à +2h) que de protéine (+24h), et plus tardivement en réponse au TGF-β1 (10 ng/ml, ARNm x7 à +24h). IL-1β exerce un effet à la fois sur la transcription et sur la stabilité de l'ARNm de la PTHrP. La PTHrP elle-même (100 nM) induit une majoration biphasique de l'expression de MCP-1 (ARNm x2 à +2h, puis x6 à +24h). Par ailleurs, la PTHrP est surexprimée dans les reins ligaturés (ARNm x5 à 7 jours, x7 à 14 jours), à un moment où l'inflammation est majeure (expression de MCP-1, infiltrat riche en leucocytes) et la fibrose évidente (histologie au trichrome de Masson). Le traitement des souris UUO par un anticorps neutralisant la PTHrP (PTH2E11, 40 µg/j i.p.), réduit les signes histologiques d'inflammation et de fibrose rénales au 7ème jour après ligature de l'uretère.

Discussion

Les CMs sont source et cible des facteurs inflammatoires et fibrotiques, contribuant au maintien des processus inflammatoires, au dépôt de MEC et à l'évolution vers la glomérulosclérose. Nos résultats suggèrent que la PTHrP pourrait être un facteur d'amplification de ces réponses en étant à la fois une cible de IL-1β et du TGF-β1, ainsi qu'un inducteur de MCP-1 qui participe au recrutement local des monocytes/macrophages, eux-mêmes source importante de TGF-β1. L'amplification de l'expression de la PTHrP dans le rein pathologique dès le 7e jour après la ligature de l'uretère et la correction de marqueurs de l'inflammation et de la fibrose après traitement par un anticorps neutralisant la PTHrP, confirment l'implication de la PTHrP dans ces processus.

Conclusion

Nos résultats indiquent que la PTHrP est une nouvelle cytokine à la fois proinflammatoire et profibrotique rénale.

Mots Clés

Expérimental- bio moléculaire ou cellulaire
Expérimental- modèle animal

Société de Néphrologie - Centre Hospitalier Henri Duffaut
Service de Néphrologie
305 Rue Raoul Follereau
84000 AVIGNON, FRANCE
tel : 33 4 32 75 30 42

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