Société de Néphrologie - Société Francophone de Dialyse
2009
Dialyse péritonéale et maladie des embols de cristaux de cholestérol. Données du RDPLF
T Besselievre (1), M Ficheux (1), C Verger (2), C Bresson-Vautrin (3), A Slingeneyer (4), J Ryckelynck (1), T Lobbedez (1)
(1) Caen, (2) Pontoise, (3) Besançon, (4) Montpelier
Résumé
Introduction

L'anticoagulation est formellement contre-indiquée chez les patients atteints d'une maladie des embols de cristaux de cholestérol. La dialyse péritonéale (DP) pourrait être la méthode préférencielle en cas d'insuffisance rénale due la maladie des embols de cristaux de cholestérol.

Patients et Méthodes

Cette étude a pour objectif d'évaluer les résultats de la DP chez les patients en insuffisance rénale terminale liée à la maladie des embols de cristaux de cholestérol. Etude rétrospective des patients incidents en DP, enregistrés au RDPLF, du 01/01/01 au 31/12/05 avec une fin d'observation au 31/12/07. Questionnaire additionnel dans 4 centres français (Besançon, Caen, Pontoise, Montpellier).

Résultats

50/5881 patients âgés de 74± 8 ans, de sex ratio 43/7. Le score de Charlson moyen est de 7±1, le score de Charlson modifié est de 4±1, 8/50 sont diabétiques. La DPCA est utilisé chez 37/50 (74%), le taux d'assistance est de 36/50 (72%). La survie actuarielle des patients est de 81% à 1 ans et de 77% à 2 ans. La survie de la technique censurée sur le décès est de 93% à 1 et 2 ans. La survie sans infection péritonéale est de 80% à 2 ans. Chez 12/50 (24%), la dialyse péritonéale a été interrompu par récupération de la fonction rénale après 10 +/- 6 mois de dialyse. Le questionnaire a concerné 22 patients de 73,6± 6 ans avec un IMC moyen de 23 kg/m2, fumeurs dans 21/22 cas, ayant de nombreuses comorbidités (AOMI : 8/22, IDM : 12/22, AVC : 7/22), et ont une insuffisance rénale chronique préexistant (DFGe = 33±11 ml/min). Le principal facteur déclenchant est un cathétérisme artériel (18/22). Les signes cliniques et biologiques retrouvés sont des signes cutanés (20/22) une hyperéosinophilie> 500/ml (20/22) des signes digestifs (8/22). Seul 4/22 patients ont eu une PBR. Une hémodialyse en urgence a été nécessaire dans 11/22 cas. L'albuminémie ainsi que le poids sont stables pendant les deux premières années. Il existe une amélioration de la fonction rénale résiduelle entre M3 et M12 (5.7±2,8 ml/min vs 9,9±5,9 ml/min, p<0.005). Il a été observé 25 épisodes de péritonite avec des germes d'origine digestif dans 10/25 cas.

Discussion

Malgré de très nombreuses comorbidités, la survie des patients et de la technique peuvent être considérées comme acceptable . Le risque d'infection péritonéale est dans les cibles recommandées. L'ischémie digestive fréquemment observée dans cette population est probablement impliquée dans la fréquence des infections d'origine entérique.

Conclusion

La DP peut être utilisée chez les patients en insuffisance rénale terminale pour une maladie des embols de cristaux de cholestérol. Une récupération de la fonction rénale permettant l'arrêt de la dialyse est fréquent et peut être tardive.

Mots Clés

Dialyse péritonéale
Insuffisance rénale chronique
Pronostic

Société de Néphrologie - Centre Hospitalier Henri Duffaut
Service de Néphrologie
305 Rue Raoul Follereau
84000 AVIGNON, FRANCE
tel : 33 4 32 75 30 42

Société de Néphrologie - Centre Hospitalier Henri Duffaut
Service de Néphrologie
305 Rue Raoul Follereau
84000 AVIGNON, FRANCE
tel : 33 4 32 75 30 42