Société de Néphrologie - Société Francophone de Dialyse
2009
L’insuffisance rénale aigue au cours des complications vaso-occlusives drépanocytaires est étroitement liée à la survenue d’une HTAP
V Audard (1), S Homs (1), A Habbibi (1), F Galacteros (1), B Godeau (1), Y Levy (1), P Grimbert (1), P Lang (1), C Brun Buisson (1), L Brochard (1), B Maitre (1), A Mekontso Dessap (1)
(1) Créteil
Résumé
Introduction

La drépanocytose est associée à de diverses complications rénales mais peu d'études se sont intéressées à évaluer l'incidence et les mécanismes
physiopathologiques de l'insuffisance rénale aigue (IRA) pouvant survenir au cours des épisodes aigus de vasoocclusion chez ces patients.

Patients et Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective visant à évaluer l'incidence sur une période d'un an de l'IRA (selon les critères AKIN) chez des patients hospitalisés pour complications vasoocclusives de variété diverses (CVO simple, Syndrome thoracique (STA) non grave et STA sévère). Dans un second temps nous avons étudié dans une étude prospective le profil hémodynamique (échographie cardiaque) des patients hospitalisés en réanimation pour STA sévère afin de rechercher d'éventuels facteurs favorisants l'IRA.

Résultats

L'incidence globale de l'IRA est de 4,3% (11/254 épisodes) et augmente avec la sévérité de la crise (2,3% pour les CVO simples, 6,9% pour les STA non graves et 13,6% pour les STA sévères ; p = 0,03). Les patients présentant une IRA ont à l'état basal des taux plus faibles d'hémoglobine (p = 0,04), un taux plus élevé de globules blancs (p = 0,03) et de LDH (p = 0,02) par rapport aux patients ne présentant pas d'IRA. Le pronostic de l'IRA est relativement bon puisque dans seulement deux cas il persiste une IR chronique au décours de l'épisode aigu. L'étude prospective portant sur 65 épisodes de STA sévères retrouve à l'admission en réanimation une IRA dans 9,2% des épisodes. Les patients présentant une IRA avaient de manière contemporaine une cytolyse hépatique (p< 0,01 pour les ASAT et les ALAT) et un taux plus élevé de LDH (p = 0,04) par rapport aux patients avec STA sévère sans IRA. L'IRA semble étroitement corrélée à la survenue d'une insuffisance ventriculaire droite dans la mesure ou les patients avec une IRA ont un flux de régurgitation tricuspide plus important (p = 0,01) des pressions dans l'artère pulmonaire plus élevées (p = 0,01) et finalement plus souvent des signes de cœur pulmonaire aigu (p<0,01) alors que la fonction ventriculaire gauche (fraction d'éjection) est identique dans les deux groupes (p = 0,96).

Discussion

Il s'agit de la première étude évaluant l'incidence et les facteurs de risque d'IRA dans la population drépanocytaire au cours d'épisodes de vasoocclusion. Le risque d'IRA semble corrélé à la sévérité de la crise.Chez ces patients, la survenue d'une dysfonction aigue cardiaque droite est associée au développement d'une IRA et pourrait faire intervenir des phénomènes de congestion veineuse.

Conclusion

L'incidence de l'IRA au cours des épisodes vasoocclusifs est un phénomène relativement rare (<5%) et est corrélée à la survenue d'une HTAP.

Mots Clés

Insuffisance rénale aigue


Société de Néphrologie - Centre Hospitalier Henri Duffaut
Service de Néphrologie
305 Rue Raoul Follereau
84000 AVIGNON, FRANCE
tel : 33 4 32 75 30 42

Société de Néphrologie - Centre Hospitalier Henri Duffaut
Service de Néphrologie
305 Rue Raoul Follereau
84000 AVIGNON, FRANCE
tel : 33 4 32 75 30 42